Cette rubrique est destinée à annoncer les nouvelles publications de Michel Deguy et sur Michel Deguy, en les commentant brièvement. La rubrique Etudes sur Michel Deguy propose des lectures critiques plus approfondies de ces nouveaux ouvrages.
Nous signalons aussi les émissions de radio consacrées à cet écrivain, éventuellement avec des liens permettant de les écouter. Chaque membre de SMD est invité à nous transmettre des informations signées par lui.
Les auteurs développent librement une opinion qui n'engage qu'eux-mêmes.
Nous rendrons compte de ces ouvrages quand ils seront disponibles, et toute note de lecture est bienvenue.
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Mise à jour, le 28 avril 2008
Signalons, dans le Matricule des anges, février 2008, N° 90,p. 45, sur trois colonnes, un article signé Emmanuel Laugier intitulé Travailler figure portant sur trois ouvrages : Réouverture après travaux , Galilée, le colloque L'allégresse pensive , Belin, et le Grand cahier Michel Deguy , édition Bleu du ciel.
Nous avions annoncé ces ouvrages, en les présentant brièvement, dans cette rubrique ( voir ci -dessous).
Le 26 février 2008
Le 11 mars 2008, Michel Deguy avec son traducteur Léopold Federmair à Vienne, Autriche, présenteront à la Grande Bibliothèque de la ville, la traduction en allemand d'une anthologie de poèmes .
Photo à venir prochainement.
11. März 2008
Michel Deguy liest aus „Gegebend. Gedichte“
Einführung und deutsche Übersetzung: Leopold Federmair
Hauptbücherei Wien, Urban-Loritz-Platz 2a, 1070 Wien
Dienstag, 11. März, 19.00 Uhr
Die erste deutschsprachige Werkauswahl des wichtigsten französischen Lyrikers der Gegenwart.
Eine Veranstaltung gemeinsam mit dem Französischen Kulturinstitut und der Hauptbücherei Wien.
15 février 2008
Le site Remue.net donne à lire dans son Dossier Deguy, mis en place par Sébastien Rongier, un large extrait du texte de présentation du Grand Cahier Michel Deguy, signé Jean-Pierre Moussaron, qui a édité, au sens anglais du terme, ce riche volume paru aux éditions Bleu du ciel
http://remue.net/spip.php?article2571
Editions Le bleu du ciel,
BP 38, 33230 Coutras
Téléphone : 05 57 48 09 04, Fax : 05 57 48 39 43
Email : bleuduciel@wanadoo.fr
http//:editionlebleuduciel.free.fr
Le sommaire du volume se trouve sur cette page du site, à la date du 11 février 2008, sa parution fut signalée dès le 17 novembre 2007.
le 11 février 2008
Dans l'excellente émission de Alain Veinstein sur France Culture, Surpris par la nuit, signalons, à l'avance, celle du lundi 3 mars 2008, à 22.15 ,et une autre qui aura lieu le 7 mars, à la même heure.
La première :
"Raison de plus avec Michel Deguy"
par Alain Veinstein
Réalisation : Manoushak Fashahi
Entretien avec l’auteur à l’occasion de la parution du Grand cahier Michel Deguy(éd. Le bleu du ciel, ouvrage coordonné par Jean-Pierre Moussaron),
de Réouverture après travaux (éd. Galilée, Coll. Lignes fictives, oct. 2007),
et de Michel Deguy, l'allégresse pensive (éd. Belin, Coll. L'extrême contemporain, nov. 2007).
Présentation de ces trois ouvrages ( dont nous avions parlé sur cette page ) sur le site de France Culture :
1)
Michel Deguy, l'allégresse pensive
Belin. Coll. L'extrême contemporain - 23 novembre 2007
Centre culturel international (Cerisy-la-Salle, Manche). Colloque dirigé par Martin Rueff(2006)
En mai 2006, des écrivains, des poètes, des philosophes et des critiques se sont retrouvés à Cerisy pour travailler en compagnie de Michel Deguy sous la bannière de « l'allégresse pensive » empruntée à Milton.
Au fil des interventions et des conversations, une réflexion collective s'est construite qui prenait son départ dans les poèmes et les thèses théoriques d'un poète influent qui refuse qu'on sépare l'acte de création de l'instance critique. En effet, au-delà des lieux communs de plus en plus fréquents sur poésie et philosophie, au-delà de la reprise de ces thèmes par la vulgate, la poésie comme la poétique de Michel Deguy sont en pensée. Elles sont de la pensée, elles sont pour la pensée, elles sont en pensée. Elles définissent un « régime » de la pensée. D'où une série de questions :
Si le poème pense, comment penser en poème ? Quels sont alors les effets de la pensée sur le poème et du poème sur la pensée ? Et comment penser les rapports d'une poésie pensive et de la poétique ? Si la poésie n'est pas seule, quels sont ses liens avec les autres arts ? Qu'en est-il du poème à l'ère du « culturel » ? Comment l'écrire et comment le lire ? Si la poésie enfin a rapport avec la croyance, comment dire le rapport de la croyance poétique et du « sans retour » si l'on désigne par là le mouvement de sortie du religieux ?
Les interventions du colloque sont exposées selon l'ordre des raisons. Elles sont précédées d'un récit : L'Hexaméron à l'endroit.
2) Michel Deguy
Réouverture après travaux
Galilée. Collection Lignes fictives - 11 octobre 2007
«On ferme !» n'est pas seulement un avertissement de gardien de musée au crépuscule ni la ligne générale d'une politique extérieure française qui «réduit ses ambitions», mais le constat - ou l'injonction ? - de philosophes pour qui «l'âge des poètes», et de la poésie, serait clos. Ne dirait-on pas en effet que la poésie, observable sociologiquement comme tout phénomène, a trouvé sa place «post-moderne» ? Peu encombrante et de manifestations sympathiques : sa place culturelle, sous assitance inspiratoire diverse.
Quelques travaux de poéticien, ici, s'orientent à contre-pente, parlant de réouverture, c'est-à-dire d'ouverture maintenue et repratiquée ; ouverture au monde, disait-on naguère ; sous bénéfice d'invention poétique. Ainsi va le monde, scande l'annoncier télévisuel... Mais lequel et comment, c'est la question.
La poésie pense. Pensée de la poétique et poétique de la pensée font un cercle vertueux, qui ne tourne pas seulement sur lui-même, mais (se) meut comme une roue. Si la poésie n'est plus «institutrice de l'humanité», ni relation privilégiée d'un Peuple avec son Poète, elle est toujours l'élément logique de la pensée : c'est poétiquement que les humains parlent leur vie en connaissance de causes dans une langue maternelle.
En connaissance de choses ? Ce qu'est une chose - chose perceptible ou chose de la pensée - dans l'expérience et pour la réflexion, est identifiable par ce comme quoi elle est.
Une fois encore ici, Michel Deguy se soucie de l'héritage, examinant quelques-unes des conditions de cette translatio studiorum et tentant à sa manière la parabole (lancer et fable) d'une transmission, qui reprend son élan en touchant le fond(s) baudelairien.
Le culturel, animation ou réanimation sociale, n'est pas le dernier mot. La traversée du culturel est notre tâche - pour une écriture parabolique où mythèmes, philosophèmes, théologèmes et poèmes échangent leurs procédés, vers une indivision : vers un livre à venir.
- 4e de couverture -
3)Grand cahier Michel Deguy
Un ouvrage coordonné par Jean-Pierre Moussaron
Le Bleu du ciel éditions - 15 octobre 2007
Sous escorte
Les écrivains
Louis Aragon, Roland Barthes, Jean Cocteau, Louis-René des Forêts, Pierre Michon, Pascal Quignard, Claude Simon...
Les philosophes
Antoine Berman, Jacques Derrida, Gérard Granel, Dominique Janicaud, Jean-François Lyotard, Françoise Proust, Clémence Ramnoux...
Les poètes
Faraj Bayrakdar, Yves Bonnefoy, Danielle Cohen-Lévinas, Haroldo de Campos, Kenneth Koch, Ko Un, Vadim Kozovoï, Godofredo Iommi, Fernando Pessoa, Georges Somlyo...
Cours de vie
Saluts
À Michel Chaillou, Lorand Gaspar, Claude Mouchard, Olivier Rolin, Bertrand Dorny...
Circonstances
Adieux à Paris VIII, lettre à Paul Auster, Michel Collot, Lucette Finas, François Mitterrand...
Les Meurtrières
Poème
Textes sur Michel Deguy :
Études / Lectures
De Wilson Baldridge, Yves Charnet, Claude Mouchard, Jean-Pierre Moussaron, Jean-Luc Nancy, Adelaïde Russo, Philippe Verstraten...
Bibliographie
- 4e de couverture -
*********
Seconde émisssion du mois de mars sur France culture.
****Surpris par la nuit**** : vendredi 7 mars à 22h15
"Comme par hasard"
par Christian Rosset
Réalisation : Pierre Willer
Qu’en est-il aujourd’hui du hasard – des multiples manières dont il est sollicité – dans les divers domaines de création (...) ? Il fut une époque, pas si lointaine, où le hasard était maître, au nom de la nécessité de ne pas tout maîtriser (jeux en aveugle, combinatoire, cadavres exquis, cut-ups, usage du “I Ching”…). L’œuvre devait être ouverte, labyrinthique, semée de pièges, de trappes. Était-ce un phénomène de mode ou une vérité profonde de l’écriture, à savoir que la volonté de faire, de dire, d’exprimer, ne suffit pas – que si le hasard n’intervient pas quelque part, à un moment où à un autre, les choses ne fonctionnent pas ? (...)
avec Michel Deguy, Emmanuel Guibert (dessinateur), etc.
« J’oublie mes rêves. C’est comme si je ne rêvais pas.
Je me réveille sur un fleuve d’oubli ; parfois avec un reste nocturne au fond des yeux.
Puis le souvenir s’en efface. Tout est réenglouti.
Âgé chaque jour d’un seul jour, le fleuve énorme me roule,
et puis lui-même disparaît. On se baigne toujours dans le même fleuve. »
Michel Deguy & Alain Lestié, Poèmes en pensée, éd. le bleu du ciel, 2002. (extrait, p. 29)
10 janvier 2008
Dans le numéro de la revue Europe, novembre - décembre 2007, signalons, dans le dossier Michel Butor, la publication d'une conférence de Michel Deguy : Plaque tournante, pp.9-21, donnée lors du colloque Michel Butor , déménagement de la littérature qui s'est tenu à la Bibliothèque nationale de France, à l'automne 2006.
6 décembre 2007
Parution des Actes du colloque international Michel Deguy,l'allégresse pensive, organisé par Martin Rueff, à Cerisy, du 22 au 29 mai 2006, 576 pages, 35 euros, Collection L'extrême contemporain, Editions Belin, novembre 2007.
Les Actes reprennent presque le programme des conférences ( voir sur ce site, à la date de mai 2006, le programme de Cerisy ) et ajoutent une mise à jour de la bibliographie, une introduction substantielle de Martin Rueff: << L’Hexaméron à l’endroit>>, pp.7-44, << une Ouverture>> de Michel Deguy,pp 47-54, et une << Discussion Deguy et Roubaud >>, pp.547-568, dialogue à la fois biographique, historique et théorique.
P.B
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Présentation de l'éditeur :
En mai 2006, des écrivains, des poètes, des philosophes et des critiques se sont retrouvés à Cerisy pour travailler en compagnie de Michel Deguy sous la bannière de «l’allégresse pensive» empruntée à Milton.
Au fil des interventions et des conversations, une réflexion collective s’est construite qui prenait son départ dans les poèmes et les thèses théoriques d’un poète influent qui refuse qu’on sépare l’acte de création de l’instance critique. En effet, au-delà des lieux communs de plus en plus fréquents sur poésie et philosophie, au-delà de la reprise de ces thèmes par la vulgate, la poésie comme la poétique de Michel Deguy sont en pensée. Elles sont de la pensée, elles sont pour la pensée, elles sont en pensée. Elles définissent un «régime» de la pensée. D’où une série de questions:
Si le poème pense, comment penser en poème? Quels sont alors les effets de la pensée sur le poème et du poème sur la pensée? Et comment penser les rapports d’une poésie pensive et de la poétique? Si la poésie n’est pas seule, quels sont ses liens avec les autres arts? Qu’en est-il du poème à l’ère du «culturel»? Comment l’écrire et comment le lire? Si la poésie enfin a rapport avec la croyance, comment dire le rapport de la croyance poétique et du «sans retour» si l’on désigne par là le mouvement de sortie du religieux?
Les interventions du colloque sont exposées selon l’ordre des raisons. Elles sont précédées d’un récit: L’Hexaméron à l’endroit.
Textes réunis par Martin Rueff.
Olivier Apert, Wilson Baldridge, Stéphane Baquey, Gisèle Berkman, Patrice Bougon, Yves Charnet, Éric Clémens, Bruno Clément, Michel Collot, Maria Letizia Cravetto, Pierre Drogi, Jean-Marie Gleize, Paula Glenadel, Denis Guénoun, Jean-Paul Iommi-Amunatégui, Hédi Kaddour, Li Jinjia, Seiji Marukawa, Reginald McGinnis, Stéphane Michaud, Natacha Michel, Jean-Pierre Moussaron, Jean-Luc Nancy, Pierre Pachet, Catherine Perret, Jean-Michel Rey, Sébastien Rongier, Jacques Roubaud, Martin Rueff, Adélaïde Russo, Pierre-Étienne Schmit, Lucien Scubla, Marcos Siscar, Jacques Taminiaux, Philippe Verstraten.
20 novembre 2007
Un nouveau livre de Michel Deguy :
Réouverture après travaux, Galilée, octobre 2007, 34 euros.
Sur le site de la libraire Mollat, on trouve cette présentation :
A la suite d'une conférence donnée au Centre Roland Barthes sur le bilan de son expérience poétique et son point de vue sur les changements en cours dans le champ des publications, l'auteur entreprend de répondre à des penseurs qui affirment que l'âge des poètes, voire le temps de la poésie, est achevé.
Quatrième de couverture
«On ferme !» n'est pas seulement un avertissement de gardien de musée au crépuscule ni la ligne générale d'une politique extérieure française qui «réduit ses ambitions», mais le constat - ou l'injonction ? - de philosophes pour qui «l'âge des poètes», et de la poésie, serait clos. Ne dirait-on pas en effet que la poésie, observable sociologiquement comme tout phénomène, a trouvé sa place «post-moderne» ? Peu encombrante et de manifestations sympathiques : sa place culturelle, sous assitance inspiratoire diverse.
Quelques travaux de poéticien, ici, s'orientent à contre-pente, parlant de réouverture, c'est-à-dire d'ouverture maintenue et repratiquée ; ouverture au monde, disait-on naguère ; sous bénéfice d'invention poétique. Ainsi va le monde, scande l'annoncier télévisuel... Mais lequel et comment, c'est la question.
La poésie pense. Pensée de la poétique et poétique de la pensée font un cercle vertueux, qui ne tourne pas seulement sur lui-même, mais (se) meut comme une roue. Si la poésie n'est plus «institutrice de l'humanité», ni relation privilégiée d'un Peuple avec son Poète, elle est toujours l'élément logique de la pensée : c'est poétiquement que les humains parlent leur vie en connaissance de causes dans une langue maternelle.
En connaissance de choses ? Ce qu'est une chose - chose perceptible ou chose de la pensée - dans l'expérience et pour la réflexion, est identifiable par ce comme quoi elle est.
Une fois encore ici, Michel Deguy se soucie de l'héritage, examinant quelques-unes des conditions de cette translatio studiorum et tentant à sa manière la parabole (lancer et fable) d'une transmission, qui reprend son élan en touchant le fond(s) baudelairien.
Le culturel, animation ou réanimation sociale, n'est pas le dernier mot. La traversée du culturel est notre tâche - pour une écriture parabolique où mythèmes, philosophèmes, théologèmes et poèmes échangent leurs procédés, vers une indivision : vers un livre à venir.
19 novembre 2007
Vient juste de paraître :
Grand Cahier Michel Deguy, volume édité, au sens anglais du terme, eet présenté par Jean-Pierre Moussaron.
21 x 28,5 cm,350 pages, 30 euros.
Ce cahier comprend six parties et constitue un projet très original où se mêlent l’œuvre, la critique et les amitiés (Barthes, Derrida, Quignard, Pontévia, Des Forêts…). Il s’ouvre par une longue rhapsodie autobiographique. « Sous escorte » assemble un cortège de lectures, de textes critiques, pour des écrivains, des poètes et des philosophes. « Cours de vie » rassemble de nombreuses interventions inédites. « Etudes/lectures » se veut un portrait de l’artiste par d’autres. Ensuite est reproduite « Les meurtrières », première plaquette de l’auteur chez P.J. Oswald en 1959, très peu diffusée (le fond de l’éditeur fut saisi et pilonné en 1960). Enfin la suite de la bibliographie publiée par l’Imec en 2001. Editions Le bleu du ciel, BP 38, 33230 Coutras
Téléphone : 05 57 48 09 04, Fax : 05 57 48 39 43
Email : bleuduciel@wanadoo.fr
http//:editionlebleuduciel.free.fr
30 euros.
Editions Le bleu du ciel,
BP 38, 33230 Coutras
Téléphone : 05 57 48 09 04, Fax : 05 57 48 39 43
Email : bleuduciel@wanadoo.fr
http//:editionlebleuduciel.free.fr
18 octobre 2007
La traduction d'une anthologie en langue allemande est annoncée pour février 2008.
Michel Deguy : Gegebend.Ausgewählte Gedichte. Choix et traduction de Leopold Federmair. Vienne et Bolzano, Folio Verlag 2008
6 octobre 2007
Une note ancienne de Emmanuel Laugier, recemment retrouvee sur le site de la revue Matricule des anges, N° 27, août-septembre 1999, que nous remercions :
Gisants (poèmes III 1980-1995)
de Michel Deguy, Gallimard (Poésie), 7.90 Euros
Gisants montre que le poète travaille depuis trente ans à "mettre ensemble des choses qui n'ont pas été mises ensemble". Fulgurant.
Il n'est pas rare de voir Michel Deguy traverser la place Saint-Sulpice à Paris, là où trois jours du mois de juin donnent à la poésie son marché. Né en 1930 à Paris, professeur de philosophie, voilà plus de trente ans que cet homme lui consacre les sept jours de chaque semaine de sa vie, qu'il s'agisse de veiller aux numéros de la revue Po&sie (Belin), de traduire -de Heidegger (Approche de Hölderlin, 1962), à Paul Celan, des poètes grecs, américains, à Lucrèce-, d'écrire, de noter, de penser, tous les effets de ruptures d'un véritable travail sur la langue. Ce qui signifie qu'il y a, chez Deguy, une nécessité d'interrogation du temps dans lequel nous vivons. Une nécessité de cerner et de résister à tous les coups de masse de la barbarie d'un temps.
De ce postulat, impératif catégorique d'une "géopoétique", l'oeuvre se reconnaîtra à sa façon d'agencer, de tresser, de nouer, toutes les formes du "dis-cours". Et l'ajout d'un trait d'union n'est pas une coquetterie : que veut-il dire? Sinon qu'il est la seule façon de noter la diversification des savoirs utilisés (philosophique, mythologique, rhétorique, musical, plastique, etc.), et la seule que Deguy utilise pour les recueillir en des livres bigarrés. Par cette appréhension de la langue, toujours à créer, et pas du tout sous la main, Deguy témoigne de la diversité du monde, de sa structure en étoile ou de ses parts d'énergies fractales, des Etats-Unis en passant par Prague ou la Chine, vol Concorde, trains, tous moyens de transport poétiques conviés.
Depuis Fragment du cadastre (1960), Poèmes de la presqu'île (1962), Biefs (1964), Actes (1966), **** (1966) et Figurations (1969), qu'un choix rassemble dans le premier volume en poche Poèmes 1960-1970, jusqu'à Tombeau de Du Bellay (1973), Jumelages (1978), Donnant donnant (1981) Poème II, 1970-1980, en passant par Brevets (1986), La Poésie n'est pas seule (1987), Le Comité (1988), etc., les livres de Michel Deguy n'ont cessé de rendre clair le mouvement d'oscillation entre les types d'écritures : ici la note réflexive, là le quatrain, le fragment, le poème en prose, la scénographie, la fugue, le thrène, etc..
Dans tous les cas, et comme le montre Jean-Pierre Moussaron dans un essai superbe et très clair sur l'oeuvre de Deguy (La Poésie comme avenir, Éd. Le Griffon d'Argile, PUG, 1992), il s'agit d'employer toute circonstance, au sens de se "plier dans", de "s'engager dans", afin qu'en sorte une pensée de la relation, une pensée passionnée par les figures qu'elle lève. Bref, une passion du sens contre la léthargie, l'abêtissement, le Mac-Donald béat de la culture, forcément mortifère et aliénant. Ainsi, cela donne, dans Ouï dire, par exemple : "L'homme peut-être étant/ L'homme peut-être lisant/ En chaque ce qui est ce qu'il est/ Bêtes son bestiaire feuilles son herbiaire jour son diaire/ Jubarte épervier tortue lynx/ Et mangouste il résume/ Son blason ses armes la terre Héraldique". Ou ceci, dans Gisants : "qu'un poème puisse s'appeler combat, bardé et lardé, artificier et bouclier : concret : c'est le statut de l'oxymore, le simul de l'échange des "contraires"".
De Brevets aux Heures d'affluence, ce troisième choix montre fortement les actants de l'écriture et de la pensée politique de Deguy. Jusque dans ses figures obscures, la nuit qu'elle doit constamment traverser pour briller, neuve.
Gisants (poèmes III, 1980-1995)
Michel Deguy
Préface d'Andréa Zanzotto
Poésie/Gallimard
240 pages, 45 FF
19 juin 2007
La revue Po&sie a trente ans. Elle fêtera cet anniversaire et présentera le numéro 120 au centre Georges Pompidou, (Revues Parlées), le 20 juin 2007, à 19.30. ( Source Martin Rueff )
La violoniste Hiromi Kikuchi interprétera,
en un concert exceptionnel,
Hipartita de György Kurtág
(cette œuvre, dédiée à Hiromi Kikuchi, et créée en 2005 à Berlin,
a été jouée le 6 novembre 2006 au théâtre du Châtelet)
Olivier Apert et Sylvain Groud exécuteront leur pièce chorégraphique
Quand je me couche dans le temps en compagnie de David Tuil
Jean-Pierre Lefebvre et Francis Marmande feront entendre des poèmes de
Paul Celan
Michel Deguy
Robert Davreu
Hédi Kaddour
Jinjia Li
Claire Malroux
Claude Mouchard & Haydée Charbagi
Martin Rueff
Tiphaine Samoyault
liront une page.
« Through the arts of the conspirators and the perversity of fortune, the most sensitive love of liberty was entrapped into the support of a war whose implied end was the erecting in our advanced century of an Anglo-American empire based upon the systematic degradation of man ». Hermann Melville
« Nous avons trente ans.
Pourquoi commencer par Melville ? Pour rappeler que nous ne perdons pas de vue notre temps, son âge, et l’époque où nous sommes suspendus. La poésie, avec esperluette ou non, n’incline pas à détourner le regard. En tant que vision d’ensemble et vue sur la circonstance, elle aime et le panoramique et le détail agrandi, fût-ce d’horreur. Sans doute l’engagement (où elle ne fut pas conviée par Sartre, qui ne l’en croyait pas capable) s’est-il transformé de bien des manières – « après la révolution », et après les exterminations. Et l’injonction s’est changée en celle du témoignage, avec et après Lévi et Celan. Le pire reste à craindre.
La poésie y peut-elle quelque chose ? Qu’a-t-elle à dire encore, et en quelles langues, demande la fameuse sentence qui doutait de la possibilité pour la langue allemande de surmonter les maux qu’elle s’était infligés. Mais c’est peut-être seulement aujourd’hui que s’amorce la mutation des langages hors langue.
Poésie et…
La poésie n’est pas seule. Qu’entendre par cette irénique assertion ? Que si on la prend seule, la mettant à part plus ou moins formellement en insistant sur son isolat, il y a risque qu’elle s’efface, réduite à de l’insignifiance sociale, sans influence sur les savoirs et les entreprises, les inventions et les dispositions, plus très éloignée du ridicule où on la voit parfois à sa « petite place culturelle » et sur les rayons réservés de la bibliothèque- malgré ses protestations de « future vigueur », dans la citation obligée de Rimbaud.
Michel Deguy
Po&sie & - ou la poésie n’est pas seule : pour fêter ses 30 ans la revue ne propose donc pas un bilan. Il y aurait certes de quoi faire : plus de 150 000 pages de pages de poésie et de poétique, de traductions et de réflexions qui constituent une formidable bibliothèque ; des numéros qui ont fait date depuis le numéro Celan (le 9) jusqu’au numéro Blanchot (112-113) au numéro Agamben/ Zanzotto (117-118) en passant par les numéros Japon (100) ou les numéros italiens (109 et 100).
Ni numéro commémoratif ni hit-parade ou best of, mais bien plutôt, nouveau bouquet, feu d’artifices : un laboratoire ouvert sur l’ensemble des connexions, branchements, rapprochements qui singularisent le travail de la revue, dans et avec la revue.
Au titre de Po&sie & musique, Claude Mouchard propose un dossier Kurtág où l’on trouvera la Laudatio de Ligeti par Kurtág mais aussi un entretien entre György et Márta Kurtag et Balint András Vargá ainsi qu’une étude précieuse d’Haydée Charbagi sur Kurtag et Beckett. C. Malroux dialogue avec Philippe Manoury et Georges Didi-Huberman réfléchit sur la mélodie intérieure. Hédi et Fériel Kaddour reviennent sur les Dichterliebe de Heine/ Schumann.
Au titre de Po&sie et image, O. Apert discute avec le cinéaste Eugène Green qui offre quelques proses et quelques poèmes inédits ; Michael Fried commente des images en poèmes, C. Perret revient chez Duchamp ; C. Malroux discute avec Jenny Holzer.
Au titre de Po&sie & roman, Tiphaine Samoyault propose un entretien sur le roman avec O. Rolin et H. Kaddour alors que J.-Cl. Pinson questionne le rapport des genres. On trouvera aussi un texte inédit de Louis René Des Forêts sur Proust et un texte de la linguiste Banfield.
Au titre de Po&sie et danse, O. Apert offre sa nouvelle chorégraphie-poème : Talita-Khoum et C. Mouchard commente le travail de Josef Nadj qui donne des dessins.
Po&sie ouvre la question de l’habitation avec deux textes inédits de Vittorio Sereni (La maison en poésie) et de Andrea Zanzotto (Prémisses à l’habitation). Michel Deguy revient sur le culturel, G. Horst explique pourquoi il faut que Kaliningrad devienne Königsberg et X. Papaïs évoque le trafic des reliques en Auvergne. Tim Robinson cartographie la disparition des îles du Nord.
La poésie est partout dans ce numéro de Po&sie : Philippe Jaworski offre une traduction d’une esquisse de Clarel, le grand poème de Melville ; Carlo Ginzburg évoque Coleridge et propose une nouvelle lecture de The Ancient Mariner ; le grand poète chinois Yu Jian nous fait voler ; Gozo donne un poème et son commentaire, Michel Sirvent commente l’usage de la typographie chez Mallarmé, Matteo Residori explique la réécriture de la Jérusalem par Le Tasse.
Enfin, la revue « fait parler Dante » puisqu’elle propose la première traduction française d’un chapitre de la thèse que le grand juriste Kelsen consacra à la Théorie de l’état chez Dante. Irène Rosier propose quant à elle une réflexion sur le De vulgar eloquio.
Un autre fil parcourt ce numéro de la revue, moins apparent mais non moins essentiel pour qui voudrait la définir : la traduction. Les poésies de l’étranger sont à l’honneur. Chaque dossier touche ainsi une des provenances géographiques chères à la revue : l’Amérique est là, l’Italie, l’Asie, l’Allemagne aussi.
Le numéro 120 de Po&sie offre un festin à ses lecteurs. Il veut dire la vitalité de la revue et lance des projets qui se poursuivront de numéro en numéro : la danse, le cinéma, la philosophie, la musique.
Ce numéro ne regarde pas en arrière. Mais en avant.
György Kurtág, Laudatio pour György Ligeti
« (Derrière, dans l'angle — à droite — en haut :)
Paris, nuit de la Saint Sylvestre, 1957-58.
Café-restaurant près de la Comédie Française, avec vue sur l'avenue de l'Opéra. Nous sommes assis là tous les trois, avec Ferenc Sulyok. Minuit – concert dément de klaxons – tradition parisienne. Ligeti se lève – sort – écoute avec passion – reste muet.
(En haut – devant – à gauche :)
Veröce, mai 1993.
Nous écoutons l'enregistrement du Grand Macabre. À propos de l’Ouverture avec les klaxons, Márta remarque : « comme si c'était le Chant de la Tortue du théâtre de marionnettes ».
&
Clarel, Melville traduit par Philippe Jaworski :
Rolfe arrêta là son récit et, après un silence,
Sur Néhémie au loin dirigea les regards:
« Voyez… le marin transformé, n’est-ce pas celui, là-bas,
Qui marche d’un pas lourd ? Ne reconnaît-on pas son allure et sa mine ? »
Toujours muets. Surgi mystérieusement des profondeurs marines,
Le serpent de Laocoon semblait, à cet instant,
Enlacer les trois hommes
Dans les anneaux luisants de son corps long et lisse.
L’homme au teint blême alors s’approche,
Mais c’est à peine s’ils le remarquent ;
On dirait un fantôme venu d’une région
Où rien n’est réel, sinon les vents qui sans fin gémissent.
&
Vittorio Sereni, La maison dans la poésie
« Peut-on en déduire légitimement qu’un rapport précis lie le poète à son temps en fonction duquel la présence de tout un milieu physique d’objets est là pour signifier une adhésion humaine, une complétude terrestre ? Et dans ce cas, un sentiment particulier de la maison permettrait-il précisément d’aller dans le sens de cette adhésion et de cette complétude ? »
&
Andrea Zanzotto, Prémisses à l’habitation
« Et pourtant, né aussi de cela, mais non pas destiné à cela, perdure en moi le désir (ou l’attente-certitude présomptueuse) d’un dire qui soit du fer. Et j’écris, j’adopte le détachement nécessaire ou j’essaie de le prendre ; je m’imagine différencié des choses et émergeant, j’imagine que j’ai des projets et que je peux les réaliser, et que les mots servent à exprimer, à mimer ou à exprimer, peu importe, une énergie, une pointe, une tête a groin qui creuse et avance à l’intérieur d’une pâte, pâte et néanmoins extrêmement dure (comme sous ces hautes pressions qui s’exercent au centre de la terre) dont elle doit se sortir aussi par l’entremise des mots. Il ne faut jamais que cette tête, ou cette pure mâchoire-groin, se retourne pour regarder vraiment en arrière : elle ne percevrait en aucun cas un corps ; au fond toute son existence, est cette poussée et cette morsure, qui ne parvient pas à déglutir et encore moins à digérer. Attention à ne pas céder à la tentation de penser à sa consistance, faite de telle sorte qu’à peine l’œil se forme-t-il dans l’effort de la regarder, elle se rend impalpable, ou mieux, elle se dissout en détails qui ne sont pas même spatialement contigus, mais bien dispersés dans une ombre de temporalités, dans des fragments de temporalité, parce que le temps véritable fait corps avec le corps qu’elle est en train de fuir, et, se faisant quanta, miettes, particules s’évaporant en fumée. »
&
Yu Jian, Flight, traduit par Jinjia Li et S. Veg
« Décoller quitter les révoltes et la peste quitter les hivers neigeux sans charbon
Virer au centre d’un long cylindre du porc mijoté à la sauce de soja en boîte
Les mirages d’un poète pauvre un paradis mobile une gerbe de nuages empourprés...
Quittant toutes les vieilles habitudes des indigènes une balle tirée vers l’avenir
Franchira bientôt les murs du temps franchira bientôt les jours de second ordre
Grâce à ce billet d’avion de mille dollars la belle vie apparaît dans tous ses détails
Certains comparent leur mère à une rose
Certains deviendront des éleveurs de cygnes à l’âme pure ».
Url de référence : http://www.cnac-gp.fr/Pompidou/Manifs.nsf/0/46BDDF33EC79B1C2C1257297004B1756?OpenDocument
Samedi 2 juin 2007 , 9-18 h, Sorbonne, amphithéâtre Cauchy :
Journée consacrée à Michel Deguy sous la direction de Pierre BRUNEL et Georges MOLINIÉ.Communications de Danièle COHEN-LÉVINAS, Pierre BRUNEL, Yves CHARNET, Christian DOUMET, Jean-Marie GLEIZE, Denis GUÉNOUN, Georges MOLINIÉ, Jean-Luc NANCY (sous réserve), Lionel RAY, Martin RUEFF,
en présence et avec des interventions de Michel Deguy, et avec la participation, sous réserve, de Denis Podalydès.
Entrée par le 1 rue Victor Cousin, Paris 5e (Métro Saint-Michel, Cluny-La Sorbonne ou Odéon). L’amphithéâtre Cauchy se trouve au 3e étage par l’escalier E.
Extrait du site du Centre de Recherche en Littérature Comparée de l'Université Paris-Sorbonne (http://www.crlc.paris4.sorbonne.fr/)
24 mai 2007
Mise à jour et changement d'adresse du très riche dossier Deguy de Sébastien Rongier hébergé par Remue net
http://remue.net/spip.php?rubrique182
19 avril 2007
Conférences du GRT: M. Deguy
Michel Deguy sera le prochain invité du Groupe de Recherches Théoriques (ED Paris-Sorbonne & IRI Centre G. Pompidou) dont Fabula est partenaire, le 24 avril prochain, pour une conférence intitulée: "Une poétique est-elle une théorie?" (En Sorbonne, Amphi Milne Edwards, 19h). Rappelons que les précédentes conférences publiques du GRT sont disponibles sur Fabula en fichiers audio.
On peut consulter le site du GRT qui comprend des archives :
http://legrt.unblog.fr/
4 avril 2007
Le site philosophique et littéraire, Sens public, dirigé par Gérard Wormser, donne à lire et à entendre, un texte lu par l'auteur : La poésie fait mal dont une première version fut publiée dans Nouveau recueil, N°52, septembre-novembre 1999.
http://www.sens-public.org/article.php3?id_article=422
( Source : Carole Dely, secrétaire de rédaction de Sens Public )
25 février 2007
Les éditions Galilée ont fait paraître Desolatio, le très émouvant ensemble de textes de deuil rendant hommage à des personnes proches de l'auteur et à un ami. Mais le genre de ce livre dépasse, ou plutôt modifie, ce qu'on entend par livre de deuil. Nous y reviendrons. Toute note de lecture est bienvenue.
14 février 2007
Saluons et citons ce texte de Francis Marmande, paru dans Le Monde du 8 février 2007 :
ELOGE DE MICHEL DEGUY, LA LITTÉRATURE EN DANGER
Qu’est-ce qu’un poète ? rien : le contraire de ce qu’on croit : un homme ou une femme dans la ville, le silence, qui se prononce. Sur quoi ? sur le plan de circulation, la littérature, sur les poètes ou sur le fait de vivre. Un des plus beaux textes, un texte de journal, un point de vue, sur ce qui arrive actuellement à Paris, sa transformation en espace aménagé pour classes aisées, émane d’un poète : Michel Deguy. Un poète sait s’il a un rapport à la poésie mais ne se traite pas de poète. Des trente-sept titres que l’on pourrait mentionner, A ce qui n’en finit pas (Seuil, 1995), L’Impair (Farrago, 2001), Spleen de Paris (Galilée, 2001), ou le plus récent, Le Sens de la visite (Stock, 2006).
« Je pense à Gauguin devant des idoles semblables, les scrutant, les aimant, les mimant, et qui refaçonna leur semblance, corps humains d’or sur le rivage » ; ou ceci : « Mince comme une Vierge de Memling : de Memling à Rubens les femmes en peu de siècles ont pris des rondeurs, la peinture du volume (et au bout de cette série : Renoir, Botero). Avec Memling la peinture ne s’occupait pas de la peinture – ni des femmes. » L’intimité de la langue, l’accouplement avec le concept, cette alerte de la pensée, cette moquerie active, comment les définir, sinon par allusion à la poésie ?
Trois tabous aujourd’hui, tous les autres en découlent : les religions, surtout les monothéistes qu’on vend toujours comme de meilleure farine que les autres ; le fait du prince qui conduit à bombarder un quidam au CNRS sans concours ; la Toile enfin, la Toile sacrée, la Toile cirée, aussi intouchable que l’armée dans un état fort, la police dans une dictature, la religion partout.
Comment échapper à la meute ? En faisant face, en exaltant ce qui n’intéresse plus personne, en dénonçant ce qui se prépare, ce que les tabous annoncent, tapis dans les silences de l’ombre, déroulant leurs anneaux reptiliens dans la glace d’un cul de basse-fosse où il s’agirait de passer la soirée. Ce qui n’intéresse personne et ne fait aucun bruit dans le vacarme ambiant ? L’alerte lancée par la Maison des écrivains. « Un rapport de l’inspection générale constate que la filière Littéraire de l’enseignement secondaire est en voie d’extinction » : phrase simple, glaçante, vaine pétition. Terminée la littérature déjà mise à mal par des didacticiens en gloire ; terminés la philosophie, les enseignements d’art, musique, cinéma, théâtre, danse, et leur histoire. Plus de littérature et civilisation en langues étrangères. Pas de traduction. A dégager voie 12, les langues anciennes. Les classes dirigeantes continuent leur train-train dans la bonne humeur et leur carte scolaire à la carte. Un cheptel manipulé reste en salle d’attente, puisque que le capital n’a plus besoin de lui.
Les gros candidats à l’élection présidentielle sont assujettis, on le sait, à l’ISF (Impôt Solidarité Fortune). Merci pour la solidarité. Quelle expérience physique ont-ils de l’enseignement public ? Quel vécu, quelle pratique, de l’école publique, du collège, de l’enseignement laïque, gratuit, obligatoire ? Rient-ils de ces questions ?
Oui, sans doute, voir le « Ceci tuera cela » de Hugo dans Notre-Dame-de-Paris. La Toile tuera le livre, vous avez raison, mais vous n’avez que raison. Cette mort promise du livre, de la littérature, du journal, plonge dans la joie sale qu’ont toujours éprouvée les nouveaux barbares devant ce qui les rassure. Rien à dire, rien à faire contre la conjuration des imbéciles et la revanche des quatre-quatre. Vous avez raison, mais vous avez tort d’avoir raison. Nous n’avons que pauvrement raison d’avoir tort. Tiens, Farrago, l’un des éditeurs de Michel Deguy, poète, philosophe, professeur–artiste à Vincennes (université Paris 8),Farrago donc, vient de fermer boutique. Plus de place pour les petits éditeurs et ceux qui éditent les poètes. Dégagez, on vous dit.
Francis Marmande
5 février 2007
Une pensée pour la mort de Philippe Lacoue-Labarthe, cet ami proche de Deguy, ayant collaboré, de nombreuses fois, à Po&sie.
Signalons l'étude de Michel Deguy, parue dans Portique, consacrée à l'essai de P.L.L : La politique du poème, Galilée, 2002. Un extrait est donné à lire dans le site de la revue :
http://leportique.revues.org/document826.html
3 janvier 2007 Sur France Culture, on peut entendre jusqu'à fin janvier, sur le site de cette radio, l'excellente émission Du jour au lendemain de Alain Veinstein ( voir aussi la référence à celle-ci sur le site Henri Thomas ) qui s' entretient avec Michel Deguy, le lundi 1er janvier 2007, à propos de Le sens de la visite et de Donnant Donnant
20 décembre 2006
Sur France Culture, l'émission de Pascale Casanova, Les mardi littéraires, du 28 novembre 2006, 10-11 heures, a été consacrée à Le sens de la visite, Stock 2006. Toute personne qui aurait enregistré cette émission serait aimable de m'envoyer celle-ci en dossier audio à mon adresse email, merci.
Salut à Stéphane Baquey qui a soutenu sa thèse de doctorat :
<< Possibles de la poésie : Michel Deguy, Denis Roche, Jacques Roubaud >>
Lundi 13 novembre 2006 à 15h, à l'Université Paris 8
Le jury fut composé de MM. les Professeurs
Michel Collot (Université Paris 3)
Jean-Marie Gleize (ENS Lettres et sciences humaines)
Jean-Claude Mathieu, directeur de la thèse (Université Paris 8)
Jean-Michel Rey (Université Paris 8)
Dominique Viart (Université Lille 3)
Bonne nouvelle. Entre septembre et décembre 2006, beaucoup de livres paraissent.
Annonçons, par avance, que colloque de Cerisy Allégresse de la pensée. Michel Deguy sera publié, en février 2007, aux éditions Belin, éditeur de la revue Po&sie, dirigée par Michel Deguy dont le Numéro 106 vient de sortir. On trouvera le sommaire de ce numéro, et des précédents, sur le site suivant :
http://www.editions-belin.com/csl/page.asp?path=iLSH-iLSHRev-iLSHRevPo-tLSHRevPoVP
Le sens de la visite, Stock, septembre 2006, collection L'autre pensée, dirigée par Anne Dufourmantelle, 355 pages, 22 euros.
Sous forme d'abécédaire, une série de pensées, à la manière de Paul Valéry ( ? ), plus ou moins développées, sur les objets les plus divers, mais aussi de poèmes.
Une anthologie intitulée Donnant donnant , collection Poésie/Gallimard, septembre 2006, 441 pages donne à lire deux volumes antérieurement publiés dans cette même collection. Cette nouvelle présentation propose une nouvelle mise en page, avec une longue préface inédite de Michel Deguy qui dépasse les limites du genre pour offrir une réflexion synthétique sur son travail, mais aussi une poétique interrogeant le rapport du poète à l'existence et au monde.
Deux volumes sont à paraître chez Galilée :
Desolatio
Réouverture après travaux
Aux Editions Le bleu du ciel,
http://editionlebleuduciel.free.fr/
Nous attendons avec impatience Le cahier Michel Deguy,, l'imposant volume de plus de quatre cent pages, édité par Jean-Pierre Moussaron, ( auteur, on s'en souvient d'un précieux essai sur Deguy dont les références se trouvent dans notre rubrique Bibliographie ).
Nous fournissons un premier état du sommaire du Cahier Michel Deguy qui sera précisé prochainement.
Signalons qu'on y trouvera plus de deux cent pages d'inédits de Michel Deguy, mais aussi la réimpression du volume introuvable Les meurtrières, paru chez P.O Oswald en 1959.
(Brève dédicace à Raphaël)
« Autobio »
« Je ne me souviens pas »
I Sous escorte
(Textes inédits en livre)
« Confession critique »
1) Écrivains
Aragon
Barthes
Desnos
Des Forêts
Dostoïevski
Kis
Michon
Proust
Quignard
Simon
Valéry
2)Philosophes
Berman
Derrida
Granel
Laporte
Lyotard
Pontévia
F. Proust
Radkovski
Ramnoux
3) Poètes
Arp
Bonnefoy
Bayrakdar
Cohen-Lévinas
Dante
Doïnas
Do Campos
Iommi
Koch
Kosovoi
P. Oster
Pessoa
Somlyo
Adonis
II Cours de vie
1) Saluts
Auster
Chaillou
L. Gaspard
Mouchard
Moussaron
O. Rollin
2) Circonstances
« Pour une théorie de la figure généralisée »
« Du Trodos / Rimbaud
« Discours d’Orléans »
« À la S G D L »
« À la M d É »
« Revoir la revue »
« Décoration »
« Vous et nous »
« Janus »
« Comment faire une anthologie »
« Mes virgules »
« Mitterrand ou les deux font la paire »
« Réponse à Bollack »
« Éloge du rap »
« De la fiction en veux-tu en voilà »
« Non au Rendez-vous des poètes »
« Un p’tit poème »
« Réponse à Furor »
« L’événement »
« Le millénaire »
III Études sur l’œuvre de Michel Deguy
Poulet Georges
Baldridge Wilson
Charnet Yves
Elson Christopher
Mouchard Claude
Nancy Jean-Luc
Rueff Martin
Russo Adelaîde
Verstraten Philippe
Moussaron Jean-Pierre
IV Rassemblement
Les Meurtrières
Poèmes avec Dorny
V Bibliographie Volat et Harvey
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